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Eths - Anima Exhalare

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1 Eths - Anima Exhalare
110 lectures
2 Eths - V.I.T.R.I.O.L
76 lectures
3 Chopin - La marche funèbre
99 lectures

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MP3 : Tératologie / Eths - Anima Exhalare (2007)

Tératologie / Eths - Anima Exhalare (2007)

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  • Titre : Eths - Anima Exhalare
  • Album : Tératologie
  • Année : 2007

Paroles :


J'y ai goutée le tien. Suivie les labyrinthes. Courbée le néant. Lacunes béantes. Pas assez grandes.

J'aurais dû ressentir la détresse dans ta chute. Ce déniement, ton refus de la vie qui nous lia par dépit. Je comprends, ressens, l'addiction qui te boit vers le fond, elle court en moi, m'attire vers toi. Sans la voix, le dialogue est plus audible et seul reste ta main, ces écrits qui finalement remplaceront tes cris.

Une odeur de chair se dispute au parfum, prend possession de l'air. Violemment aspiré par ce trou béant, il me regarde, atone, et me lance « maintenant ou jamais ». Tous ces mots que nous n'avons jamais pu dire, s'échangèrent dans le silence par les regards de nos deux êtres fissurés. Doux moment, douce maman...

Sans faiblir, l'animadversion alimentait ce désir furieux de contempler enfin un spectacle commun. Maintes fois, j'ai écrit un scénario implacable. Chaque soir, l'habit du malheur s'ajustait, inavouable. Le temps, son ½uvre, ne laisse de ces sombres heures que des flashs intercalaires de cet enfer effrayant qui nous brisa tous. Des flots d'ethanol corrosif brûlaient tes choix, voilà ce qu'il me reste de toi, la lente lumière chaude d'un soleil froid, ces rares instants profonds de communion voilant l'inévitable destruction.Longtemps il n'est resté des ténèbres qu'une envie impatiente de partir, de grandir abandonner l'antre imprégnée de fumée, baignée d'alcool, briser les chaînes du passé, créer l'irréel. Mon idéal viscéral perdu dans les abysses d'une obscurité absolue, ces doux accords dissonant de mélancolie, stridents, exhumèrent mon cadavre de l'ennui. Nu face au monde, l'asphyxie paraît naturelle, artérielle. Les âges peuvent courir, l'expérience nourrir, les ressentiments pourrir, les textures atonales et le temps donnent une chance de guérir...

L'insecte qui pullule, grignoteur de cellules, engraissé par l'abus, menaçant de mille somations, te dévora. Emprisonné dans ta gorge, la bête affamée se referma.

Te voilà maintenant parmi les nôtres, ma mère bienveillante, apaisée aux côtés de ceux qui nous construisent. Engrandissent, ceux qui nous ont appris à dominer cette sinistre folie atavique qui nous étreind toi et moi. Nous n'aurons pu faire connaissance que sur la fin, ces dernières heures muettes avant le départ, gorgées de sourires délicats, d'attention, ces souffles de compréhension ont gravé à jamais ma mémoire. Je n'ai pu goûter que si peu à tout ça, c'est si dur, ça me manque...

# Posté le samedi 18 juillet 2009 03:48

MP3 : Tératologie / Eths - V.I.T.R.I.O.L (2007)

Tératologie / Eths - V.I.T.R.I.O.L (2007)

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  • Titre : Eths - V.I.T.R.I.O.L
  • Album : Tératologie
  • Année : 2007

Paroles :


Tes cris se hachent, ta vie se gâche à sucer l'ennemi. J'ai peur de tomber pour ne plus jamais me relever. J'ai peur de toujours te haïr et ma vie passe, je n'ai pas guérie. Tu vois, je me lasse. Fatiguée de t'entendre me dire comment vivre. Fatiguée de porter ces sacs vides. Fatiguée d'écouter parler ces gens qui s'ennuient. Fatiguée d'écouter ces gens qui envient. Fatiguée d'écouter ces gens, je devrais m'allonger. J'ai peur de dormir et ne plus jamais me réveiller. J'ai peur de chaque soir, devoir encore y croire. Des pleurs de panique, visage poncé. Terreur en heure creuse, chaque jour me semble un peu plus court. Chaque minute inutile, chaque jour me coule plus profond qu'il me saoûle. Je n'ai plus le temps. Ruine et couds nos c½urs déchirés, mutilés par tes soins. Je n'aurais jamais, jamais pensé t'abîmer, renoncer. J'abandonne, mes bras lâchent de te voir tellement vrai, tellement toi. Prête à tout perdre pour garder ta chimère, son fantôme. Je me hais, je me suis trompée. J'irais trouver ma force dans la haine que tu allaites. Coller mes mains sur ton c½ur de ranc½ur. En extraire l'âcre suicide. Serrer mes poings sur ton c½ur de ranc½ur. En vider l'âpre liquide d'humeur. Défigurée d'acrimonie facile, te voilà laide de vivre. Affamée de souhaits, trop d'appétit. D'excitation hostile, te voilà raide, avide, affalée. Trop d'appétit ma fille, je pourrais bien finir par te faire vomir. Encore combien d'années, combien de temps. Rien ne sera plus jamais comme avant. Combien de fois au fond de toi, combien de fois. Ta vérité m'a détestée. Rien ne sera plus comme avant.

# Posté le samedi 18 juillet 2009 03:52

MP3 : Sonate pour piano n°2 op.35 / Chopin - La marche funèbre (1849)

Sonate pour piano n°2 op.35  / Chopin - La marche funèbre (1849)

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  • Titre : Chopin - La marche funèbre
  • Album : Sonate pour piano n°2 op.35
  • Année : 2009

Paroles :


Remords posthume


Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton c½ur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,

Te dira : " Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? "
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.

# Posté le samedi 18 juillet 2009 04:01

Modifié le samedi 18 juillet 2009 04:16